[Test] Oceanhorn : Monster Of Uncharted Seas

Dans le cercle très restreint des licences universellement (ou presque) appréciées, il y a Zelda. Un public de 7 à 77 ans, une couverture médiatique intense et incapable d’y trouver des défauts, et une foule de fans ayant reçu leur dose de Link en biberon… tout ceci confère une aura presque religieuse aux jeux de la série. Mais le bébé est farouchement gardé par le gardien Nintendo… sous protection rapprochée, aucun des épisodes n’est jamais paru sur une console d’un concurrent de la multinationale de Yamauchi-sensei.

Mais le temps passant, les fans sont devenus programmeurs, l’appât du gain a motivé les game-designers, et une vague de solides « Zelda-like » est apparue… C’est donc la raison d’être de Oceanhorn : Monster Of Uncharted Seas, un jeu de 2013 qui ne cache pas son inspiration (pour ne pas dire un clone) et qui nous vient directement de l’univers Android. Parce que les commandes tactiles c’est vraiment de la daube pour un jeu d’aventure à la 3ème personne, les p’tits gars de FDG Entertainement ont ainsi décidé de porter leur jeu sur la plus puissante des portables du marché, à savoir la PS Vita. Oh et j’allais presque oublier de passer aux aveux :  saviez-vous que je déteste Zelda ? Bien, maintenant que tout le monde est averti, passons donc à la dissection méticuleuse du titre!

Une histoire de bateau


Faisant partie des rares détracteurs des jeux Zelda (oui, je vous assure, nous sommes plusieurs sur cette planète) je vais très certainement recevoir un grand nombre de mails d’insultes de la part des fans indignés. « Et pourquoi se lancer dans le test d’un clone si on aime pas l’original ? » me demanderez vous ?

Et bien d’une part parce que mon avis sera plus impartial que celui d’un « z-fan », et d’autre part parce que le concept à réussi à me séduire dans l’absolu, na. Quand on me propose un jeu d’aventure en 3D, un héros qui manie l’épée, un environnement insulaire, et une finition digne d’un AAA, ça me botte. Et pis bon il y a même « Uncharted » dans le titre, avouez que c’est plutôt de bon augure ! Bref, je promets de fermer les yeux sur le lien de parenté de Oceanhorn, et c’est donc parti pour une épopée remplie de navigation en bateau à voile, de coups d’épée dans les plantes vertes, et de résolutions d’énigmes trépidantes.

Le chara-design des PNJ à têtes d’animaux est plutôt réussi.

Tout commence par une belle intro, montrant les capacités 3D du moteur, et faisant la part belle aux détails des environnements très mignons. Ici, il n’est point question de princesse, et cette intro fluide expose rapidement un récit de légendes maritimes, racontant l’épopée d’un monstre affrontant un homme au destin héroïque, et *oh surprise* <SPOILER ALERT> ce héros est en fait le papa de notre avatar. Nous voila donc plongé dans une quête sur les pas du paternel. </SPOILER ALERT> Pour retracer l’histoire de l’aïeul, le joueur va donc devoir explorer les différentes îles voisines, et récupérer divers objets, avant d’affronter un de ces monstres marins qui effraie les plus courageux des pêcheurs.

L’île aux trésors

Preuve que l’on est pas dans un épisode de Dark Souls : un des boss du jeu se cache sur cette image…

Une fois aux commandes, la prise en main est immédiate, ce qui évite le « syndrome tuto ». Perfectible mais tout à fait jouable : la touche croix permet de sprinter, la touche carré autorise à mettre des mandales aux adversaires, et la touche rond permet de lancer des bombes, des flèches, ou tout un tas d’autres objets assommants.

Un peu frustrant : il est impossible de sauter, ou d’esquiver, et il n’était pas rare pour moi d’appuyer par inadvertance sur la touche déclenchant un lancer de bombe ! On est certes avec une vue à la troisième personne, mais il faudra donc arriver à vaincre ses réflexes acquis dans Uncharted… Les premières heures donnent lieux à quelques séquences dédiées aux essais des armes ainsi qu’à des aller-retours pour débloquer de nouvelles portions de l’île grâce aux capacités qui s’acquièrent au fur et à mesure de l’exploration.

Des bugs de 3D bien que très rares sont parfois présent : ci-dessus la poterie volante !

Les combats sont omniprésents, mais pourtant, ils ne constituent en aucun cas des challenges ou des jalons : la mort n’apporte ni n’enlève rien, même pas besoin de recharger la sauvegarde, on respawne immédiatement avec tout son inventaire et toute son XP à coté de l’endroit ou le mob a défoncé nos cœurs… Même les boss n’échappent pas à ce traitement. S’ils permettent quand même de débloquer des objectifs secondaires (qui sont directement liés à l’obtention de trophées), ils restent fort faciles à vaincre, généralement l’affaire d’une douzaine de coups d’épée.

Seules les énigmes, reposant généralement sur la recherche d’une clé de coffre ou de porte, permettent véritablement d’avancer dans la quête principale.  Quand on a fini d’éplucher les possibilités d’une île et que l’on a vidé tous ses coffres, il faut alors rejoindre la jetée pour prendre son bateau. On entre alors dans la phase de navigation qui est totalement automatisée. Pas grand chose à dire donc, même si un canon est là pour tromper la monotonie de ces scènes. Cette partie du jeu est loin de procurer du plaisir de jeu tant l’intérêt est limité. L’intérêt d’Oceanhorn justement, se situe donc dans les énigmes. Celles-ci sont très classiques : interrupteur à trouver, caisses à pousser ou objets à déplacer : les habitués ne seront pas dépaysés.

C’est l’heure de se faire une petite partie de Sokoban !

Toutes ne sont pas accessibles dès le début puisqu’il faudra souvent avoir préalablement acquis l’objet correspondant pour être en mesure d’interagir avec l’environnement. Cette partie là était un peu décevante car elle oblige en fait à quitter l’île en cours pour aller chercher l’objet requis (dont l’emplacement est généralement pointé par les dialogues avec les PNJs). Une fois l’objet acquis, il faut alors se refaire le chemin en sens inverse pour retourner à l’endroit du puzzle. Cela plaira probablement à certains, après tout, la balade n’est pas désagréable car les niveaux sont plutôt jolis.

Pour ma part entre les combats nombreux et sans enjeu et le fait que la mini-carte non zoomable est peu claire (elle ne pointe ni objectif ni porte…) j’ai rapidement ressenti une certaine lassitude en étant forcé d’aller chercher les items sur telle ou telle île. Précisons que les mobs sont sans grande variété en dehors de leur apparence (ils ont tous les même techniques de combats ) et ils semblent posés sur les niveaux uniquement pour ralentir artificiellement la progression du joueur (la mort dans le jeu n’est pas pénalisante, à part la perte de temps).

Verdict : chef d’oeuvre ou clone médiocre ?

On ne peut pas vraiment jeter la pierre à Oceanhorn. Si je devais résumer en une phrase, je dirais qu’il s’agit d’un clone réussi d’un chef d’oeuvre médiocre. Car oui, je dois dire que l’expérience globale reste satisfaisante. Les musiques signées Nobuo Uematsu et Kenji Ito sont tout à fait réussies. L’ambiance graphique, même si elle n’est pas folichonne reste agréable.  Et oui, il est plaisant d’ouvrir un coffre quand on sait qu’il va nous débloquer le reste de l’aventure.

Néanmoins mon expérience personnelle fait que, entre un scénario faiblard qui impose des aller/retours bien trop nombreux, un mécanisme de récompenses qui ne fait pas vraiment rêver et une partie combat classique de chez classique j’ai du mal à considérer Oceanhorn comme l’oeuvre culte qu’il aurait pu être. Est-ce parce que je n’aime pas Zelda ? Probablement en partie, même si les défauts d’ergonomie et le manque d’originalité sont objectivement tout à fait critiquables. Bref, Oceanhorn : Monster of Uncharted Sea est un jeu ‘nippon ni mauvais’, qui vaut les 15€ demandés sur le store de Sony pour les explorateurs qui ne sont pas trop demandeurs de challenge, de profondeur ou qui aiment avancer en résolvant des casse-têtes pas trop durs.

Et puis soit dit en passant : c’est toujours mieux sur PS Vita que sur PS4, non ?

Oceanhorn

14,99
Oceanhorn
6.2

Gameplay

5/10

    Graphisme

    7/10

      Son

      8/10

        Durée de vie

        7/10

          Histoire

          5/10

            Les plus

            • La fluidité de l'animation
            • La qualité des musiques
            • Manque juste un bonnet vert et des oreilles pointues !

            Les moins

            • Scénario faiblard
            • Ergonomie mal fichue
            • Level design sans audace
            • Beaucoup d'aller-retours...

            CollecZone

            Blogeur trentenaire, mon rêve d'enfance était de devenir testeur de jeux vidéo. Mes domaines de prédilection : l'arcade, les shmups, et les jeux d'aventures. Quand les batteries de ma Vita sont vides, je rédige des billets sur mon blog perso ou sur planetevita.fr !

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            6 commentaires sur “[Test] Oceanhorn : Monster Of Uncharted Seas

            1. Merci pour cet article très bien écrit et marrant, oui on a bien compris que le test de jeu fut à la limite de la corvée 🙂 moi j’ai acheté Océan Horn dès sa sortie mais en plus de n’être pas habitué à ce genre de jeu, je pense être plus que relativement peu doué puisque j’en suis à 12% en 6h de jeu 🙁
              Cela dit le jeu est divertissant, fun, belle musique et images reposantes, je dirais bon jeu pour 15 euros !

            2. J’en profite pour poser une petite question hors sujet, au cas ou un lecteur de passage a la réponse 🙂
              Je suis étonné de constater que les commandes de mes casques bluetooth ne fonctionnent pas sur ma Vita lorsque j’écoute de la musique, je veux parler des commandes avance/lecture, morceau précédent et morceau suivant !
              j »utilise pourtant deux casques récents BOSE QC35 et SONY MDR1ABT et il est bien indiqué que la Vita devrait décodé le protocole AVRCP, bref si quelqu’un pouvait tester avec un casque bluetooth je lui en serais très très reconnaissant 🙂 merci

                1. Oui merci beaucoup pour ta réponse, j’ai effectivement vu cet article mais il traite de la transmission du son (AD2P), et non de son contrôle (AVRCP) … en fait j’ai bien cherché sur internet mais je n’ai effectivement rien trouvé de probant sur le sujet. Preuve s’il en est que l’utilisation de la Vita est un concept avant tout asiatique 🙂
                  Il me semble pourtant que la fonction était opérationnelle dans un précédant firmware ! Sony l’aurait-il inhiber !? à voir … enfin bref je félicite votre cite, depuis que je rejoue avec ma Vita, j’en lis les articles avec délectation, avec ou sans bluetooth 🙂

            3. Petit complément pour vous informer que l’AVRCP fonctionnement en fait parfaitement, j’ai eu visiblement un bug puisque cela a fonctionné après redémarrage de la console ! et cerise sur le gâteau le son avec un bon casque bluetooth est excellent, selon moi meilleur que sur un iPhone 😉

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