[Test] Bara ni kakusareshi Vérité : l’otome qui refait l’Histoire de France sur PS Vita.

Je ne vais pas vous le cacher, quand j’ai découvert Bara ni kakusareshi Vérité, j’avais vraiment très peur. Et puis Lulee a en fait une review très élogieuse (à lire ici) et je me suis empressée de me procurer le jeu…en édition limitée. Bara ni kakuserashi Vérité est un otome game développé par le studio Ichi Column et publié par Idea Factory et Otomate. Le jeu place son histoire durant le règne de Louis XVI jusqu’aux événements de la Révolution Française. Alors, cela donne quoi quand un studio japonais se lance dans l’exercice complètement casse-gueule de construire un otome game sur une période cruciale de l’Histoire de France ?

— Synopsis —

Liese est une jeune femme dont la famille est au service de la famille Hasbourg d’Autriche et par conséquent, elle est assignée à servir la jeune Marie-Antoinette d’Autriche. Alors que cette dernière doit épouser le futur roi de France, Louis XVI, elle tombe malade durant le voyage de l’Autriche vers la France. Qui de mieux pour remplacer la future reine de France ? Notre héroïne voyons !

Liese arrive à Versailles et doit se plier aux règles du protocole français tout en faisant face à la situation improbable de jouer la future Reine de France…et femme de Louis XVI, du moins jusqu’au retour de Marie-Antoinette. Liese, qui désormais vit en France, découvre la situation du pays et d’une révolution qui gronde dans les rues de Paris. Au contact de la noblesse mais aussi du peuple, notre héroïne doit choisir son camp.

— Les personnages —

Liese : Notre héroïne. Née en Autriche, elle sert la famille royale du pays jusqu’à l’annonce du mariage de Marie-Antoinette avec le futur roi de France. Liese embarque dans une aventure qui la dépasse rapidement. D’abord confronté à la cour de Versailles, elle doit ensuite vivre à Paris et y rencontre notamment Danton et Robespierre. Loin d’être une potiche, Liese est un personnage qui, comme les personnages, subit les événements historiques sans pouvoir y faire face. En terme d’héroïne d’otome game, on peut dire qu’elle n’est pas extraordinaire, se contentant de suivre le cours de l’histoire même si on peut dire qu’elle côtoie du beau monde…

Axel de Fersen: Si il y en a bien un qui m’a rapidement tapé sur le système c’est lui. L’Histoire n’a pas gardé une image grandiose du personnage et le jeu ne lui prête pas non plus une image sympathique, du moins au début. Axel de Fersen est un noble de la cour de Louis XVI et également ami de longue date de La Fayette. Plutôt du genre à plaire à la gente féminine, il s’intéresse à Liese quand il apprend la vérité derrière l’apparence de Marie-Antoinette. Le personnage historique est controversé de fait de sa proximité avec Marie-Antoinette (on lui prête une liaison, quand même). Par la suite, il tentera de la sauver par tous les moyens, en vain. La seule qualité qu’on peut lui témoigner est qu’il est resté du côté du couple royal jusqu’au bout, là où certains nobles retourneront leurs vestes en voyant la situation s’aggraver en France.

Georges Jacques Danton : Ce jeune avocat, ami de Robespierre rencontre et sympathise avec Liese lorsque celle-ci se retrouve à Paris. Il prend très vite notre héroïne sous son aile et ne supporte pas les railleries de Robespierre à son égard. Danton est l’archétype du bon gars pensant faire les choses pour le bien de tous sans être conscient des dangers de ses convictions. Difficile de savoir si le personnage colle à sa figure historique vu que visiblement c’était un homme qui s’est fait corrompre, plus tard considéré comme un traitre à la nation, ce qui le mènera à la guillotine.

Louis XVI : Oui, vous avez bien lu, notre (futur) roi fait parti aussi des personnages avec qui on peut finir. Louis est un jeune homme de 16 ans au début du jeu ne mesurant pas tant l’ampleur de son mariage à venir et nourrit une inquiétude profonde à régner. Loin d’être un parfait prince charmant, de part son attitude désintéressé vis-à-vis de Marie-Antoinette, on découvre assez vite que le poids du règne et ses convictions ne vont pas empêcher les évènements de s’emballer suite à son couronnement. Historiquement, il est difficile de se prononcer sur le personnage même si son caractère semble plutôt respecté vis-à-vis du vrai Louis XVI. Souvent considéré comme un mauvais Roi, raillé pour sa vie amoureuse inexistante, on peut ainsi dire que le jeu m’en a beaucoup appris sur le personnage, humain, qui a eu le malheur de ne pas avoir l’autorité nécessaire pour faire évoluer la France.

Gilbert du Motier de la Fayette : Ce noble présent à la cour du roi et ami de Fersen se révèle, en premier lieu, peu sympathique envers notre héroïne. La Fayette est avant tout un soldat qui souhaite plus que tout participer à la défense de son pays… ce qu’il fera à l’autre bout du monde quand il partira aux Amériques. Derrière une attitude sérieuse et irréprochable, La Fayette a tendance à perdre son sang froid, ce qui donne des moments hilarants. Au cours du jeu, ses convictions vont être aussi progressivement ébranlées alors que l’Ancien Régime bascule. En effet, son séjour de l’autre côté de l’Atlantique et l’indépendance proclamée des États-Unis d’Amérique vont transformer ce royaliste pur à admettre que la monarchie a ses limites. Pour le coup, le personnage correspond totalement à sa figure historique.

Maximilien de Robespierre : Ce jeune étudiant en droit (et futur avocat) rencontre Liese au début du jeu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette rencontre est…explosive. Surnommant l’héroïne renai baka (stupide énamourée), leurs altercations sont nombreuses. Robespierre est un pur tsundere qui s’ouvrira tardivement à l’héroïne. Il est intéressant de voir que cette personnalité n’est pas si éloignée de celle qu’aurait pu avoir le personnage historique (qui est mort célibataire). Robespierre est une figure controversée de la Révolution Française. Il est considéré comme le bourreau de La Terreur mais cette image est de plus en plus remise en question par les historiens ces dernières années. Après tout, ce n’est jamais l’oeuvre que d’un seul homme. D’une implacable conviction, Robespierre rêve d’un monde égalitaire quitte à user de méthodes plutôt extrêmes. Il terminera lui aussi guillotiné et deviendra le bouc émissaire de la Terreur.

Bara ni kakusareshi Vérité test & avis PS Vita

— La Révolution Française façon otome —

Bara ni kakusareshi Vérité se déroule sur une période de plusieurs années et n’est pas centré exclusivement sur la romance. On y suit l’avènement et la chute de Louis XVI, les prémices de la Révolution Française et les personnages partagent certaines fins dites « historiques ». Alors oui c’est un otome game et évidemment qu’il y a de la romance. Cependant, celle-ci est loin d’être au centre du jeu qui se révèle être une plongée originale dans l’Histoire de France. On y découvre la cour de Versailles, les rues de Paris et on rencontre même un certain nombre de personnages historiques.

Il est important de signaler que le jeu possède aussi une part de fantastique. Et oui, comme dans Hakuouki, un mystérieux élixir provoque une sacrée pagaille dans cette époque troublée. Point de vampires-onis ici, l’élixir confectionné par le Comte Lozère permet à n’importe qui de changer son apparence, ce qui permet à Liese de se faire passer pour Marie-Antoinette au début du jeu. Ensuite, ce breuvage fantastique fait des siennes et ainsi, certains personnages en profitent… ce qui donnent à voir des situations cocasses et parfois hilarantes. C’est aussi par ce biais que le jeu peut ainsi entrevoir un futur moins dramatique que l’Histoire a donnée aux personnages…

Côté romance, les fans de comédie romantique risquent pourtant d’être déçu : Bara ni kakusareshi Vérité est construit comme un vrai roman historique. Les faits historiques se succèdent et font partie intégrante du jeu. De même, celui-ci s’attarde sur l’ambiance de l’époque et réussit à donner un habillage crédible, notamment du point de vue de l’architecture et des habits portés à la cour et par le peuple. ÀÀ l manière de Hakuouki, le jeu partage un univers crédible et immersif qui n’a rien à envier au cinéma et ses productions parfois très caricaturales ou fantasques (le cas du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola). Ainsi, le jeu étonne par sa mise de côté du côté bling-bling de l’époque et des clichés de la culture française pour offrir une histoire qui brille par sa…normalité.

Bara ni kakusareshi Vérité s’évite tous les pièges de l’adaptation historique, ce qui pour une oeuvre japonaise est clairement une surprise de taille. Même les personnalités des protagonistes ne semblent pas si éloignées de celles qu’avaient réellement les personnages historiques. Évidemment le jeu prend des libertés et joue avec l’Histoire mais jamais on ne se retrouve avec l’impression de voir sa culture historique se faire baffouer par des étrangers. À signaler que le jeu s’offre une ellipse de quatre années, ce qui est peu en comparaison de la période réellement traitée mais qui n’est pas commune dans les otome games. Les événements s’enchaînent donc de façon beaucoup plus rapide que dans la réalité.

Bara ni kakusareshi Vérité test & avis PS Vita

— Le système —

Bara ni kakusareshi Vérité est bien plus qu’un visual novel. A côté des phases habituelles de réponses à donner aux personnages, le jeu se dote d’une interface en 2D/3D où notre personnage peut visiter différents lieux. Durant ces moments, il vous faudra collecter des trésors, de l’argent et des items tout en remplissant un certain nombre de quêtes. Oui, comme un RPG ! Celles-ci permettent de récupérer des points qui serviront à une balance en début de jeu. Ces moments sont particulièrement sympathiques tant on sent le soin apporté par le studio dans les lieux que l’on doit explorer. On y croise d’ailleurs les différents protagonistes et personnages qui peuvent également nous fournir un certain nombre de quêtes, le tout en mode « chibi ».

Le jeu se dote aussi d’une fonction « maquillage/costume » qui peut sembler un peu barbante mais nécessaire pour progresser dans les différentes routes. Les différents items collectés dans les coffres permettent d’ailleurs d’améliorer la garde-robe de l’héroïne et de gagner des « points de beauté ».

On y trouve également un système de « flowchart » qui compile l’ensemble des scènes que l’on a débloqué dans chaque chapitre et dans les différentes routes.

Bara ni kakusareshi Vérité test & avis PS Vita

— Les graphismes —

Le chara-design est soigné, doté de lip-sync notamment, et les illustrations sont dans l’ensemble de qualité, même si certaines le sont moins. En revanche, la partie 2D/3D qui sert pour l’exploration est une franche réussite. Les personnages façon chibis sont tout mignons à l’écran et garantissent une certaine immersion dans les lieux que l’on visite durant le jeu. Après, on peut juste regretter que les lieux peuvent se ressembler un peu au niveau de leurs structures mais les pièces du château de Versailles sont bourrées de détails et on y retrouve même des portraits, peintures et tapisseries d’époques sur les murs.

De même, les arrière-plans reflètent des lieux connus et il peut être intéressant de faire une comparaison des différentes pièces de Versailles avec celles du jeu. En revanche, pour Paris, on retrouve la même avenue dans laquelle on progresse dans le jeu.

Autre fait intéressant, les personnages changent physiquement durant l’ellipse de quatre années et les vêtements évoluent aussi au fil du temps. En passant, j’ai un gros faible pour le chara-design des femmes dans ce jeu avec des robes magnifiques.

Bara ni kakusareshi Vérité test & avis PS Vita

— Avis final —

Comme dit en introduction, Bara ni kakusareshi Vérité ne m’inspirait pas grand chose mais force est de constater que l’on se prend rapidement au jeu de revivre l’Histoire de France. Le soin apporté par Ichi Column est impressionnant autant sur les détails de la vie de l’époque que de la crédibilité historique. Évidemment le jeu prend des libertés… après tout le cinéma et la littérature le font constamment pour faire revivre des aventures du passé. Pourquoi cela serait différent avec un otome game ? Et pour le coup j’ai été transportée comme rarement dans l’histoire. Alors certes, je partais déjà avec une certaine passion pour cette époque de l’Histoire de France et je me suis préparée en amont en lisant les biographies de certains personnages historiques, histoire de mesurer l’ampleur des dégâts possibles…

En réalité, le jeu est bluffant et on a dû mal à lâcher la console. Les détails sur l’époque montrent que le studio n’a clairement pas fait que lire Wikipédia. De même, comme indiqué plus haut, on évite bon nombre de clichés et autres faits kitchs de l’époque comme le cinéma nous l’a souvent montré. La seule entorse à cette règle est le fameux élixir qui permet du coup de créer des situations aussi improbables que cocasses… en donnant ainsi voir un deus ex machina introduit dès le départ qui ne pourrit pas l’histoire. Quand on voit le cinéma et ses délires parfois étranges au niveau des scénarios, il n’y a pas de quoi en faire un drame, d’autant que la partie fantastique ne supplante pas l’Histoire.

Bara ni kakusareshi Vérité est une des meilleures œuvres basées sur la Révolution Française. Je ne plaisante vraiment pas. Autant il est compréhensible que la réception du jeu ait pu être mitigée au Japon (après tout, ils ne connaissent pas fondamentalement toute l’Histoire de France), autant pour la française que je suis, je me suis régalée. Si vous aimez l’Histoire et que le japonais ne vous pose pas trop de problème : foncez !

Bara ni kakusareshi Vérité

9.4

Gameplay

10.0/10

Graphisme

9.0/10

Son

10.0/10

Durée de vie

10.0/10

Histoire

8.0/10

Les plus

  • Un jeu techniquement soigné
  • Les costumes d'époque sont magnifiques
  • Une partie "RPG" toute mignonne

Les moins

  • Les scènes supplémentaires qui se débloquent à chaque nouvelle partie
  • Une ultime route loin d'être intéressante

Enid

Joueuse d'otome games (mais pas que).

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