[Test] Piofiore no Banshou : Gangs of Burlone

Piofiore no Banshou est un otome game développé par Otomate et Design Factory sorti en 2018 sur PSVita. Plongé dans l’Italie des années 1920, le jeu montre l’envers du décor d’une mafia locale particulièrement violente. Autant vous dire que le jeu a rapidement attiré mon attention par son ambiance et son histoire. Pas de place pour la romance, me dites-vous ? Eh bien, soyons honnêtes, vous allez évidemment bien morfler avec Piofiore no BanshouMais bon, que serait une histoire de mafia sans violence ?

— Synopsis —

Liliana coule des jours heureux, pensionnaire d’une église qui l’a recueillie depuis qu’elle est bébé. Malheureusement pour elle, la ville de Burlone est loin d’être tranquille. Une féroce guerre disputée entre plusieurs mafias locales fait rage, notamment entre trois « familles » : les Falzone (oui si vous pensez Calzone dans votre esprit c’est pas vous, ni moi, mais le jeu), les Visconti et les Lao-Shu (oui, on parle bien de la mafia chinoise). Notre héroïne se retrouve malgré elle prise dans un engrenage infernal en étant la cible de chacune des familles pour des raisons bien mystérieuses. Selon les routes, vous naviguerez entre les différents clans.

— Les personnages —

Liliana : Notre héroïne. Si les vierges effarouchées et naïves ne sont pas votre tasse de thé, vous risquez de souffrir un peu avec Liliana. Elevée par Sophia, une soeur travaillant pour l’église de Burlone, elle a vécue éloignée des guerres mafieuses locales. Elle doit, tant bien que mal, prendre sur elle malgré le karma habituel des héroïnes d’otome games : à savoir se mettre dans le pétrin la plupart du temps sans comprendre pourquoi. En effet, elle est la cible de Lao-Shu et selon les routes, son destin est drastiquement différent. Les gars ne lui font pas non plus masse de cadeaux et il faudra tirer votre épingle du jeu pour ne pas finir en brochette…

 

 

 

Dante Calzone Falzone : Successeur désigné de la famille Falzone, Dante est un homme en apparence plutôt froid même s’il tient énormément à ceux qui font partie de son clan. Il sauve notre héroïne au début de sa route et devient très vite son protecteur. Ayant l’air du parfait prince charmant, il se révèle progressivement être particulièrement impitoyable dans les différents embranchements du jeu. Il tient lui aussi à récupérer Liliana dans les routes des autres avec une destinée loin d’être toujours joyeuse pour lui. Bref, autant niveau caractère, on est face à un personnage bien lisse, autant sa route constitue une grosse partie de l’intrigue principale. Cependant, j’aurais tendance à vous conseiller de commencer par sa route, histoire de l’apprécier à sa juste valeur.

 

 

Gilbert Redford : Derrière ce nom typiquement anglais se cache le boss du clan Visconti. Il tente lui aussi de mettre la main sur Liliana mais plus subtilement. Derrière une attitude un brin provocatrice se cache un personnage complexe mais loyal. Manque de bol, il n’est pas forcément entouré des meilleurs personnes. Il s’allie souvent aux Falzone dans les différentes routes dans le but de mettre fin aux agissements de Lao-Shu. Sa route se débloque après celles de Dante, Nicola, Yang et Orlok. Gilbert est probablement le personnage le moins « problématique » du jeu, se révélant sympathique et gentleman avec Liliana. 

 

 

 

Nicola Francesca : Numéro 2 de la famille Falzone, il est le cousin de Dante et son plus fidèle allié. Enfin en apparence, car Nicola joue un double-jeu et se révèle bien moins bienveillant qu’il le laisse entrevoir. Sa mauvaise fin révèle d’ailleurs son objectif ultime, loin de refléter l’esprit d’un parfait gentleman… Sa route a la particularité de ne pas s’opposer directement aux Lao-Shu, ce qui permet de voir l’histoire d’un angle intéressant, plutôt qu’un bis repetita de la route de Dante. Malgré tout, il est l’un des personnages que j’ai le moins apprécié, en partie car j’ai du mal avec son seiyuu.

 

 

 

Oriok : Attention, chose précieuse à manipuler avec beaucoup de doigté. Oriok est un espion et (et accessoirement tueur) bossant pour les différentes organisations. N’étant dans aucun camp précis, il apparaît comme un individu peu fréquentable que chacun utilise pour faire le sale boulot. C’est lui qui tente, au début de la route de Dante de kidnapper Liliana pour le compte des Lao-Shu. Son statut à part en fait un personnage qu’on débloque tardivement dans le jeu. Derrière la violence de ses actes, Orlok reste un jeune homme dont l’innocence a volé en éclat lorsqu’il s’est retrouvé à travailler pour la mafia.

 

 

 

Yang : Boss de l’organisation chinoise Lao-Shu, Yang n’apparaît pas beaucoup au début du jeu et pour cause : c’est un dangereux psychopathe ! Profondément sadique, les autres personnages n’en mènent pas large face à lui et son organisation à l’origine de la tentative d’enlèvement de Liliana au début du jeu, tentative qui se solde par un succès dans sa propre route. Si Yang n’inspire pas la sympathie, force est de reconnaître qu’il est un antagoniste classe qui en impose. À savoir que Okamoto Nobuhiko, son seiyuu, a été particulièrement effrayé par le caractère de son personnage, ce qui donne une idée de la violence de celui-ci.

 

Piofiore no Banshou test PS Vita

—  Gangs of Burlone —

La mafia, voilà un thème aussi intéressant que complexe. Piofiore no Banshou réussi brillamment à créer un univers mature, violent et crédible. En effet, le jeu est loin d’être gentillet avec de nombreuses scènes de violence. Âmes sensibles, s’abstenir ! Pour autant, cette Italie des années 1920 est subliment mise en scène. Si on échappe pas à quelques clichés, notamment dans l’utilisation d’expressions italiennes, le travail est remarquable et l’inspiration des films de gangsters indéniable.

L’autre point de maîtrise est la narration. Piofiore no Banshou est construit habilement autour des routes des personnages. Le jeu offre peu de répétition et on assiste à des retournements de situation difficiles à prévoir. On ne s’ennuie jamais et mêmes les mauvaises fins ont le mérite d’avoir des développements complets. De même, les personnages évoluent considérablement tout au long du jeu. De ce côté-là, on peut dire que l’absence de manichéisme participe à la crédibilité de l’univers. Il aurait été en effet mal avisé de créer des personnages uniquement gentils et d’autres uniquement méchants.

Pour autant, c’est ce qui peut rendre Piofiore no Banshou bancal, notamment pour un « otome game ». La route de Yang, par exemple peut être très difficile à appréhender face à la violence que subit l’héroïne. De même, le jeu possède un grand nombre de mauvaises fins toutes plus atroces les unes que les autres…sans parler de celle de Orlok, probablement la pire du jeu. Cependant, il est indéniable que cela participe à rendre Piofiore no Banshou incroyablement crédible dans sa narration et d’être pris dans l’histoire.

Piofiore no Banshou test PS Vita

— Le système —

Piofiore no Banshou possède un système ultra basique à base de choix. Cependant, le jeu introduit également un élément loin d’être ridicule : le Meanwhile Story. À certains moments du jeu, une icône s’affichera en haut de votre écran. En la sélectionnant, le jeu quitte alors sa scène d’action pour une autre. On assiste alors à des dialogues du point de vue de différents personnages. Bien que courtes, ces points de vue extérieurs sont intéressants, autant du point de vue de l’intrigue que pour bien comprendre les motivations internes des personnages. On évite alors le syndrome du traître sortant de nul part, le jeu donnant alors de gros indices. À savoir que les Meanwhile Stories peuvent être loupées si vous ne faites pas suffisamment attention. Il vous suffit alors d’utiliser le log pour rejouer la scène. Sachez que pour débloquer certaines fins, il vous faudra visionner toutes les scènes tout comme si votre manque d’attention peut vous mener à une fin bien atroce…

Le jeu complète son système par le menu des statuts qui vous permet de voir vers quelle fin vous vous dirigez. Un dictionnaire est également intégré, recensant essentiellement des noms typiquement italiens ainsi que des termes issus du background du jeu. Enfin, un score s’affichera en bas de votre écran, montrant votre pourcentage de complétion du jeu et des routes. Chaque personnage possède trois fins « officielles » : La Meilleure Fin, une Bonne Fin et une Mauvaise Fin.

— Les graphismes —

Bon. On va commencer par le point qui m’a le plus fâché : l’absence de lip-sync. Si on était sur un jeu sorti il y a cinq années je ne dirais rien, mais manque de bol, Piofiore no Banshou date de 2018… Et même si les sprites sont suffisamment diversifiés et dynamiques dans leurs postures, on se demande bien pourquoi ils ne sont pas allés jusqu’à la synchronisation labiale.

Enfin, j’ai l’air de râler pour un détail car pour le reste, Piofiore no Banshou c’est du haut de gamme. Les arrière-plans sont détaillés et soignés et le jeu joue habilement des angles dans les moments d’actions. On remarquera d’ailleurs que c’est le même moteur de jeu que celui de Collar x Malice. On le voit à la boîte de dialogue et au format du menu des options. Bref, malgré le détail mentionné plus haut, le jeu assure avec des CG splendides.

Piofiore no Banshou test PS Vita

— Avis final —

Piofiore no Banshou est un otome game qui a rapidement attiré mon attention à sa sortie, de part sa thématique audacieuse. Cependant, ayant l’habitude des coups fourrés chez Otomate, j’ai attendu que les premières critiques sortent avant de me le procurer. Je ne regrette absolument pas mon achat même si il faut l’admettre : Piofiore no Banshou ne fait absolument pas dans la dentelle. Plus que les scènes de violence, représentatives de la guerre que se livrent les trois bandes rivales, c’est celles touchant l’héroïne qui déroutent le plus. C’est d’ailleurs un des points qui a été maintes fois relevé dans les critiques, notamment dans la route de Yang et de certaines mauvaises fins. Oui, on peut le dire, le jeu « craint » pas mal si vous n’êtes pas préparé et je vous conseille de ne pas tomber amoureuse des personnages, au risque d’être déçue…

Pourtant, Piofiore no Banshou est un jeu que j’ai beaucoup apprécié. Déjà, sa trame narrative est excellente et la guerre de gangs représentée avec beaucoup de justesse. Les routes sont plutôt denses en contenu malgré quelques longueurs et on évite les facilités scénaristiques en composant pour chaque personnage des développements complets. Les différentes fins sont également diversifiées et parfois inattendues dans leur narration. En passant, vous en aurez pour votre argent car chaque route est plutôt longue et il faut environ 50h pour terminer intégralement le jeu, mauvaises fins et histoires supplémentaires comprises.

Au final, Piofiore no Banshou est un titre qui aurait pu se hisser comme un des meilleurs otome games de sa génération. J’y croyais fort au début par la justesse de l’écriture et la maturité de l’univers. Malheureusement, là où le jeu a échoué, c’est dans sa capacité de nous faire détester CHAQUE PERSONNAGE à un moment où un autre du jeu. Ce fut pour moi ce qui a détruit – en partie – mes espoirs de voir un bon otome game. Certes, les personnages sont ainsi beaucoup plus crédibles mais finir un jeu de drague en détestant presque tout le monde, c’est un peu paradoxal…

Cela n’enlève évidemment rien aux qualités du jeu et il reste l’un des titres les plus intéressants auquel j’ai pu jouer. Car malgré  le fait que ce soit un titre bien japonais, les scénaristes ont fait l’effort de proposer une Italie des années 1920 plutôt réaliste et une guerre des gangs aux moments forts.

Piofiore no Banshou

8

Gameplay

8.0/10

Graphismes

7.0/10

Son

9.0/10

Durée de vie

9.0/10

Histoire

7.0/10

Les plus

  • Une mafia italienne crédible.
  • Une bande originale de qualité.
  • Une narration efficace et mature.

Les moins

  • On finit par détester tous les personnages.
  • Une ultime route un poil longue et manquant de rythme.

Enid

Joueuse d'otome games (mais pas que).

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