La Vita est-elle réellement un échec ?

Après un débat, pour une fois, relativement intelligent sur la Ps Vita sur un forum d’un site de jeux très connu et l’annonce des ventes de Sony qui n’ont pas eu le nombre espéré, j’ai décidé de remettre ici ma pierre à l’édifice de la grosse question qui traine depuis sa sortie : La Ps Vita est-elle un échec ?

Je vais donc essayé de ne pas être trop chaotique dans mes propos et mon avis. Je vais décortiqué la question sur plusieurs points, histoire d’être un minimum clair et compréhensible (vu que dès que je sors des pavés, je m’éparpille dans tous  les sens, à croire que je me le jette à la tronche plutôt que dans la mare 😀 ). Mon avis se base sur l’avis européen et particulièrement Français, passant plus de temps sur ce genre de forum qu’outre-atlantique.

Mauvais endroit, au mauvais moment

seisme_Japon_032011La Ps Vita est souvent comparée à ses grandes sœurs et en particuliers la Psp. Je zapperai volontiers le démarrage de la 3DS qui a fait un flop monumental mais dont tout le monde semble avoir oublié. Bref, revenons quelques années en arrières et situons le contexte : Nous sommes en 2005, en France (oui, cela fait déjà 9 ans). La Psp sort en France. Malgré un petit catalogue et un démarrage « correct mais sans plus », la petite nouvelle portable de Sony ravis les joueurs : bonne qualité pour son époque, un joystick analogique, possibilité de regarder des vidéos et écouter de la musique, bref, la console portable multimédia par excellence. Les smartphones n’étant pas encore en place dans nos poches (et très chers), c’est un véritable bijou technologique. Malgré son point faible, le disque UMD (qui, d’ailleurs fera un gros flop, notamment au niveau des ventes de films sur ce support), la console ouvre vite une porte aux coquins puis aux autres radins : les Hackers.

La psp fini donc par être craquée et les ventes explosent : En effet, pourquoi ne pas profiter de ce petit bijou sachant que nous n’auront plus besoin de payer les jeux ? Au début fastidieux avec 50% de chances de la briquer, le hack psp fini par devenir un jeu d’enfant. Sony passe alors à la vitesse supérieure et nous sort la version slim (cracked elle aussi) et la Go : démat’ only qui finira rapidement sa vie. Malgré cela, une très bonne ludothèque s’importe sur la Psp, même aujourd’hui, et à part nintendo et sa DS, il n’y a pas d’ombre au tableau niveau concurrence.

Parlons de sa petite sœur maintenant. La Vita, annoncée en 2011, fait couler beaucoup d’encre. Prévu pour la fin de l’année, elle se retrouve retardée par la catastrophe naturelle de 2011 qui touche le Japon. Rien que sa construction est prévue à perte et démarre très très mal. Malgré tout elle sort en décembre et en février 2012 par chez nous.

Malgré un Uncharted comme vitrine technologique, un hardware prévu pour les gamers (2 sticks analogiques, écran OLED, pavé tactile…) et une petite ludothèque pour quasiment tout les goûts, rien n’y fait. Elle ne décolle pas. Mais entre 2005 et 2012, il y a eu un bon technologique qui lui pose plus qu’une barrière : les Smartphones. C’est vrai, au fond, pourquoi s’acheter une console portable qui coute les yeux de la tête avec peu de jeux, une obligation de carte mémoires propriétaires hors de prix quand on peut avoir quasiment les même choses, moins cher (voir gratuitement) sur son smartphone ? Nos habitudes ont donc bien changées : on préfère avoir une console dans le salon, le reste dans la poche sur un unique objet. Et puis la console est quasiment incrakable, une « honte » pour la nouvelle génération lobotomisée au tout gratuit (musiques et films piratés en masse grâce au haut-débit). De plus Sony ne fait pas, ou peu, de promo sur sa petite portable : En France, à part sa pub de lancement et les réductions de Noël, c’est le néant total. Et je ne parle pas des pseudos annonces sur les grandes conventions, celles-ci étant réservées à la PS4. Pas glop tout çà.

Tout est question de culture

americangamerAlors, pourquoi marche-t-elle plutôt bien au Japon (sans péter les plafonds non plus) et pas en Occident ? C’est tout simplement le mode de vie qui joue (trololol jeux de mots).

Les Japonais n’ont pas de place chez eux, çà, ce n’est pas un secret. Sans compter les heures passées dans les transports. Quoi de mieux qu’une console portable avec deux joysticks analogiques, un superbe écran et des jeux bien ciblés pour passer le temps ? Il y a (encore) les smartphones me diriez-vous. Oui, mais les Japonais, c’est les Japonais. D’une part ils ont une avance technologique sur nous (les nouveaux smartphones sortent beaucoup plus vite que chez nous) mais ils ont aussi déjà passer la barrière « d’un objet pour tout ». La Vita est donc faite clairement pour eux et on ne peut pas le nier. Ce qui n’est pas forcément le cas chez nous.

Que ce soit aux USA ou en France (voir l’Europe), se trimballer avec une console portable est limite suicidaire : Soit on vous caillasse en vous insultant de gamin tout le long de votre trajet si vous avez affaire à la bande de relous qui ne méritent que le pétage de genoux ou on vous agresse pour vous la voler, purement et simplement. J’extrapole mais c’est dans la tête de tout le monde même si vous pouvez largement jouer dans votre coin dans les transports en commun sans vous faire emmerder. Ajoutez aussi qu’on est quand même une bande de sacrées feignasses technophiles en Occidents : Toujours plus grand, toujours plus gros (le premier qui me sort CMB…). Il suffit de voir les smartphones : autant au Japon on cherche la miniaturisation, autant chez nous on cherche à nous vendre des frigos. Bah oui je trouve con les gens qui se balades avec des smartphones de la tailles d’une tablette. Sur console c’est pareil : on préfère les consoles de salon sur son bel écran 50 pouces avec le home cinéma… pour se retrouver à gueuler dans un casque minuscule et un micro pourri.

On comprend mieux pourquoi les ventes ne décollent pas par chez nous. Je te vois, toi, au fond qui veux me sortir le coup de la 3DS. Oui mais çà c’est pas le sujet et c’est une toute autre histoire (Nintendo, licences phares, valeurs sûres, toussa ²). En passant j’ai rien contre la 3DS et je bave devant le dernier Zelda ou Bravely Default. Contents ?

Une ludothèque élitiste

Call of Duty: Ghosts customerNon seulement de faire « peu » de sorties (130 jeux minimum à vu de pif de 2012 à 2013, tout styles confondus (indies, vita, mobile) ) et sans compter la ludothèque PSP et PSOne, les jeux sur Vita sont bien particuliers : Peu de titres AAA, des jeux parfois mal codés ou en dessous de la capacité de la machine (COD fait briquer la console ou Resistance est loin d’être une claque comparé à Killzone par exemple), de l’indie plus cher que sur PC, peu de jeux occidentaux et, surtout, de gros jeux souvent non traduits. Malgré le prix peu élevé d’un jeu (aux alentours de 40€), la communauté (Française en tout cas) n’est pas satisfaite voir refoule la Vita. Même un Fifa ou un COD n’a pas aidé et on sait pourtant que ces pompes à frics sont des valeurs sûres. Je comprend pourtant les fans : pourquoi avoir du low-quality quand on a mieux dans le salon ?

Après ce paragraphe, on fait vite le tri : à part ceux qui lisent l’anglais correctement (souvent de niveau scolaire dans les jeux) et ceux qui aiment les jeux Japonais (J-RPG par exemple) ou l’indie, il ne reste plus grand monde. Voilà donc la réelle communauté Vita française actuelle : ceux qui ne font pas la fine bouche et quelques perdus croyants avoir une PS3 dans les mains. C’est pas folichon.

Aimez-vous les uns les autres, bordel de merde !

rouquinLe gros point noir de la Ps Vita ne vient pas, en partie, à Sony. En effet, en plus de rentrer dans la cours des Smartphones capable de tourner un GTA San Andreas (low-quality quand même, faut l’avouer), la console récolte également tout ce qu’a semer sa grande sœur. Comme je l’ai dit plus haut, la Psp a été rapidement craked, ce qui a fait fuir les développeurs. Sans compter que Sony s’est fâché avec quelques grosses pointures comme Capcom. C’est comme si la Psp avait était le Caïd de la cours de récré à massacrer tout le monde et la Vita son petit frère roux à lunette : elle en prend plein la gueule pour ce qui a été fait auparavant.

Rajoutez à cela la communauté française totalement trollesque sur les internets. Entre l’annonce d’une Vita morte dès sa sortie (vive Mme Irma) et une console vide de jeux (les goûts et les couleurs…), cela en rebute plus d’un. Qu’on soit bien clair : la console n’est pas morte (voir mes articles sur les gros jeux à venir) et il y a une pléthore de jeux disponibles sans compter la ludothèque PsP et PsOne. Ok ce sont des jeux spéciaux/japonais/indies/anglais/Obiwan Kenobi mais il y en a.

kidgamerMalheureusement, le public Français est ce qui reste de plus Français : ça se plains. Tout le temps et surtout sans se remettre en question. Éviter les comparaison fumeuses PS3/PC/Nintendo, connaitre un minimum l’anglais (qu’on vous apprend depuis la 6ème quand même) et avoir un minimum d’ouverture d’esprit suffisent à passer outre pour profiter des perles disponibles. Un exemple tout bête : Tearaway est une véritable perle en terme d’expérience vidéoludique malgré ses 6h sans grandes re-jouabilité. Résultat ? Peu de ventes car le jeu ne rentre pas dans les cases des joueurs Français et ce pourtant à 25€ en boîte. Cherchez l’erreur…

 

 Savoir se contenter de ce que l’on a : c’est être riche (Lao Tseu).

Sans contexte, la Vita est LA représentation des méthodes de Sony : Un public bien spécifique et du long terme. Tout comme la PS3, la Ps Vita se met en place doucement, l’année 2014 ouvrant plusieurs portes : du portage, certes, mais de très bon titres, du (J-)RPG en masse, du survival horror, la possiblité future de streamer des jeux PS2 et 3. Elle balbutie encore, se cherche. Les développeurs aussi. Et, entre autres, certains projets de Kickstarters sont enthousiastes de porter sur cette console : Mighty N°9, Project Phoenix, Starlight Inception, Hyper Light Drifter ne sont que des exemples parmi les bons titres à venir. Pour ce qui est des titres AAA Occidentaux, patience. Les Japonais montreront certainement la voie aux frileux studios américains et européens. Avec tout çà, la console n’est pas un échec total. La Go était un échec, pas la Vita. Elle est juste boudée par une communauté avec des œillères complètement insatisfaite de ne pas avoir un titre AAA chaque semaine.

Quelques titres phares et couper l’engrenage du serpent qui se mord la queue sont les premiers pas pour casser cette image de console portable morte-née. Alors Soyez curieux de découvrir les titres sur le net, de très bonnes vidéos sont disponibles. La console a tout pour plaire rien qu’au niveau hardware, même si ses titres sont réservés à une certaine catégorie de joueurs. Au pire des cas vous aurez une console portable que l’on regrettera plus tard et finira au rang d’objet collector comme une certaine machine de Sega, elle aussi arrivée au mauvais endroit, au mauvais moment.

Rasz

Infographiste-webdesigner et pionnier du culte geek en France (le 56k làààà !), je suis un gamer multi-plateforme (Pc/Ps4/PsVita) et un très grand fan de la portable de Sony. En plus de m'occuper du site et de maintenir les folies de mes comparses, je rédige aussi des news pour votre plus grand plaisir. Long live the Queen !

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5 commentaires sur “La Vita est-elle réellement un échec ?

  1. Sony (comme Nintendo d’ailleurs!) s’étonne des maigres performances de sa portable comparées à la génération précédente (psp) et fustige les smartphones et leurs jeux discounts… Pas faux! Mais pas vrai non plus! La grosse différence entre les 2 générations, c’est que la 1ère a été très rapidement piratée et que la mère de famille lambda, soucieuse de son port-feuille, achetait une machine et faisait tourner les jeux piratés dessus sans investir un sous de plus: je me souviens de mamans à la sortie de l’école qui s’échangeaient les R4 de leurs bambins pour la DS. Et c’était le même système pour la psp! Résultat: de belles ventes de consoles portables, car les jeux étaient gratuits… C’est clair, ce discours, Sony ne peut pas le tenir!

  2. Pour moi c’est d’abord une question de politique Sony :
    – Prix de la console au lancement
    – Prix des cartes mémoires
    Ce qui a fait le succès de la PS4 au départ, c’est d’abord une guerre de prix. On voit la même chose pour la PSVR.
    Cela a freiné considérablement l’adoption de la console à son lancement, malgré la sortie de jeux exclusifs.

    1. Le prix de la console au lancement était quasi le même que celui de la DS à l’époque. Non ce qui est toujours le plus chiant et lourd c’est vraiment les cartes mémoires, il aurai mis directement de la micro-SD la console se serai vendu beaucoup mieux!
      Mais il avait peur d’avoir un effet PSP encore je pense…

      Ben justement non le PSVR pour moi va vite montrer ces limites comparer à la version PC qui serte est beaucoup plus cher mais avec une techno actuel alors que le PSVR a un techno vieille de 3-4ans. C’est occulus 1-2eme génération pas plus, donc à 500euro le full kit je trouve ça cher pour ce que c’est alors qu’une boite en carton et ton smartphone fera aussi bien voir mieux.

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